OU VA NOTRE MONDE ? Chômage de longue durée / chômage de masse
- 20 oct. 2016
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Une étude récente de l’American psychological Association montre que le chômage, principalement s'il est de longue durée, peut avoir des conséquences sur la personnalité. Il est vrai qu’une inactivité non désirée va engendrer une souffrance intérieure, due à la perte de son utilité sociale. Une perte du sens de sa vie est d'ailleurs aussi possible. A cela peut s’ajouter une angoisse pour l’avenir, angoisse pouvant parfois transparaître dans le « body langage » et donc se projeter sur la famille, les amis et… les recruteurs. Un cercle vicieux menant à l’exclusion peut alors apparaître.
Mais, les conséquences du chômage ont des répercutions à bien d'autres niveaux...
Au niveau économique
Nous parlons ici de la perte du pouvoir d’achat et le surendettement.
En effet, dès la perte d’emploi, le revenu baisse de 25%, et continu à décroitre jusqu’à arriver au RSA (moins de 600 € / mois). Alors oui, impossibilité de rembourser les dettes, risque d’expulsion…
Au niveau social
Le lien social s’effiloche puis se perd.
Petit à petit le réseau professionnel se perd ; sans oublier que le statut de chômeur est dévalorisant, ce qui influence à la baisse de l’image et de l’estime de soi. Il n’y a pas loin au repli sur soi avec toutes les conséquences qui s’ensuivent au niveau de la famille, des amis, etc. L’exclusion sociale n’est pas loin.
Au niveau de la santé, physique et psychique
Des perceptions – négatives – de culpabilité, d’échec, de faillite, voire d’inadaptation peuvent survenir, avec des symptômes proches de ceux du burnout.
En effet, n’oublions pas que l’identité, le statut social, le sens de la vie sont principalement liés à l’activité professionnelle. De plus, les repères temporels qui structurent les activités de la vie se perdent, ce qui mène petit à petit au désœuvrement, à l’angoisse et au vide existentiel. La somatisation est proche, avec les détériorations physiques qui les accompagnent, telles les dépressions, les addictions, les insomnies, voire même le cancer… ou le suicide. Louis Chauvel[1] nous explique qu’une augmentation du taux de chômage de 3% augmente le taux de suicide de 4,4%.
Au niveau de la délinquance
Hormis le grand banditisme, il est à prendre en compte que nombre de condamnés pour vols, violences ou trafics divers sont sans emploi, cumulant précarité et exclusion sociale[2].
Au niveau des salariés en poste
Il est un fait maintenant que toutes les catégories socioprofessionnelles sont touchées par le chômage et les conséquences atteignent non seulement les personnes sans travail, mais aussi celles travaillant, nous parlons alors de précarité subjective, il s’agit de l’insécurité des conditions de travail.
Cette insécurité induit des comportements de soumission aux ordres, d’acceptation de faire le « sale boulot » ou de la dégradation des conditions de travail et l’intensification de celui-ci… Engendrant des situations de stress avec les conséquences que l’on connaît sur la santé des employés et sur la performance économique de l’entreprise.
Au niveau de l’Etat
Il y a d’abord les coûts directs, tels les indemnisations et le RSA, mais il ne faut pas oublier que les personnes sans emplois ne cotisent pas aux retraites, ou à la Sécu… Qu’ils paient moins ou pas d’impôts… N’oublions pas les coûts indirects, liés aux dépenses de santé, liés aux dépenses de justice ou de sécurité…

Alors oui, le chômage est un fléau économique, politique et social, qui a des conséquences non seulement au niveau des chômeurs, mais aussi au niveau des personnes en emploi et des entreprises, sans oublier l’Etat. Le chômage est une véritable « onde de choc » qui ébranle tout le monde, du plus petit au plus grand, il est source de souffrance, de violences, de ruptures… Il est la négation même de la vie…
Comment en sommes-nous arrivés là ? N'avons-nous rien vu arriver ? Nous sommes-nous laissé aveugler ? OMG
http://www.atlantico.fr/
http://www.mouvementpourundeveloppementhumain.fr/
[1] Chauvel Louis, « L’uniformité du taux de suicide masculin selon l’âge : effet de génération ou recomposition du cycle de vie ? », Revue française de sociologie, n°38, 1997.
[2] Lagrave Michel, Les difficultés d’évaluation du coût du chômage, Paris, Economica, 1982


































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