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« Immigrés » ou « Expatriés » ?

  • 30 avr. 2017
  • 4 min de lecture

Le plus difficile : choisir la photo d'entête... Pourquoi ? J'avais deux possibilités... Les voilà :

Ou alors...

Donc, j'ai tout simplement souhaité la bienvenue.

Commençons par ce qu’on entend… Les Africains sont des immigrés… Les Arabes sont des immigrés… Les Asiatiques sont des immigrés… Les Européens, eux, sont des expatriés…


L’utilisation de ces deux termes révèlerait donc un double usage. Etre un expatrié ou un immigrant ne dépendrait pas des projets de résidence, mais de la richesse relative du pays natal... Si le pays d’origine est pauvre, on est un immigrant et s’il est riche, on est un expatrié…


Cool !!!



Qu’est-ce que cela veut dire dans le langage courant ?

Etre expatrié est « supérieur » à être « immigré » ?


Il y a un clivage simpliste entre « l’expatrié de luxe » souvent soupçonné d’être un évadé fiscal en puissance et le migrant démuni devenu « immigré », qui cache bien des disparités et engendre des polémiques sévères allant du rejet total à l’acceptation inconditionnelle, entrant-là sur le terrain du politique.



Allons-nous faire de la rhétorique ou de la sémantique ?

Pour beaucoup, le terme « immigré » a une connotation raciale, il serait un préjugé désignant les personnes venant d’un pays en voie de développement et le terme « expatrié », désignerait la « même personne », mais venant d’un pays développé et bien entendu « riche-et-blanche-sans-désir-de-s’intégrer » …


Ai-je bien compris ?


Si cela est le cas, nous avons bien là une discrimination socioéconomique, et certaines personnes utilisent donc cette distinction entre les deux termes pour s’élever au-dessus du statut d’immigrant… Il est vrai que les expatriés n’hésitent pas à changer de pays si les conditions d’emploi ou les perspectives économiques sont meilleurs ailleurs. Par contre, les immigrants ont l’intention de prendre racine dans leur « nouveau chez-soi » …


Mais bon…



Un peu de sémantique…


Tout d’abord, pour le pays d’origine, la personne est expatriée, elle vie « hors de sa patrie », de son pays de naissance… Cette personne « émigre » vers un pays étranger… Elle est donc émigrante pour le pays d’origine.


Maintenant, pour le pays qui accueille, cette personne est « immigrante », soit pour une courte période, soit définitivement…


Pour une courte période, il s’agit en général d’expatriation. Qu’entendons-nous par ce terme ? Déjà, la situation est temporaire, « l’expat » n’a pas quitté définitivement son pays, il y reviendra. Il part dans un autre pays avec un emploi en poche, il peut être détaché d’une entreprise multinationale dans un pays autre que le sien, pour une mission bien précise, il peut aussi être recruté pour des compétences précises qui se trouvent difficilement dans le pays d’accueil… Et ce, pour une durée déterminée… Notons aussi que l’expatrié agit toujours volontairement, il n’est pas contraint par une situation difficile de son pays d’origine.


Pour une longue période, il s’agirait plutôt d’immigration… la personne immigrée a déjà l’intention de s’installer définitivement dans le pays d’accueil, de plus, elle n’a pas forcément un travail qui l’attend. Elle a peut-être dû quitter son pays d’origine pour des raisons économiques ou politiques (en effet, elle peut être réfugiée ou exilée, donc, privée de sa patrie de façon temporaire ou permanente), elle a aussi, peut-être, épousé une personne étrangère et part la rejoindre… Ses conditions de travail seront alors les mêmes que celles des natifs (dépendant des législations locales) …


Est considéré comme immigrant celui ou celle qui entame un processus officiel auprès du pays d’accueil.


Vis-à-vis du pays de naissance, tout ressortissant qui vit à l’étranger est un expatrié. La plupart des pays établissent une distinction entre un expatrié temporaire (ou intérimaire) qui a gardé son foyer fiscal dans son pays d’origine et un expatrié qui a choisi de vivre ailleurs et de déplacer son foyer fiscal dans le pays où il vit.


Tant que nous conservons notre nationalité de naissance, nous sommes expatriés pour notre pays de naissance. En revanche nous perdons ce statut si nous renonçons à notre nationalité de naissance.



Alors, suis-je un immigré ou un expatrié ? Parlerions-nous rhétorique maintenant ?

Une chose est fascinante donc. Les occidentaux vivant en dehors de leurs pays d’origine ont une façon particulière de se définir : Expat. Cette abréviation est très usitée, et il faut se l’avouer, elle sonne cool.


Mais ça, c’est ce que certains « expat. » se disent en y pensant.

Exemple : des « expat » français vivant en Afrique depuis plus de 15 ans, en couple avec des enfants nés en Afrique. Pensant le plus sincèrement du monde qu’ils reviendront en Europe le moment venu (moment semblant s’éloigner dans le temps) et qui continuent à se désigner eux-mêmes comme des « expats » … Pensent-ils pouvoir plier bagages et retourner dans leurs pays d’origines du jour au lendemain ? Le retour au pays n’est pas toujours une partie de plaisir… Croyez-moi (NDLR) !


Une autre chose est tout autant fascinante… Un Suisse ou un Anglais vivant en France se considère comme expatrié, et il considère sa femme de ménage, arrivée d’Europe de l’Est ou d’Afrique du Nord comme une immigrée…


Alors, pourquoi les Occidentaux n’aiment pas se considérer eux-mêmes comme des immigrants ?


Ce terme a réellement une connotation négative, il est vrai… Il suffit de voir les débats politiques houleux qui ont lieu sur « la question de l’immigration » dans la plupart des pays développés. Un immigré serait un voleur d’emplois, tandis qu’un expatrié serait un étranger qui pourrait s’en aller du jour au lendemain. Un immigré serait à la recherche désespérée d’une vie meilleure. Un expatrié serait un Indiana Jones des temps modernes.


Permettez-moi de penser que tout cela reste à prouver...



Et l’intégration ?

Pour s’intégrer, il faut être deux… L’immigré (ou l’expat), mais aussi l’autochtone… Il s’agit d’une relation de couple, couple à la culture différente, à la langue différente. L’intégration n’est pas toujours facile. Et l’expatrié qui n’échappe pas à ce stéréotype du « touriste », même s’il fournit des efforts pour s’intégrer, où l’immigré avec le stéréotype de « voleur d’emploi » comme dit plus haut…



Quelques "immigrants" célèbres, pour terminer ce petit article...



Oliver Stone

Réalisateur et scénariste

d'origine française (par sa mère)

Robert De Niro

Acteur d'origine italienne et irlandaise.

Tiger Woods

Golfeur d'origine africaine, thaïlandaise, chinoise, amérindienne et néerlandaise.

Colin Powell

Militaire et homme politique d'origine jamaïcaine.

Barack Hussein Obama

Père kényan

Donald John Trump

Famille paternelle d'origine allemande et famille maternelle originaire d'Écosse.

Nicolas Sarkozy

Père hongrois réfugié en France

après avoir fuit le communisme

et mère originaire de Salonique,

dans les Balkans

Yves Montant

Parents italiens

ayant fuit Mussolini

Gao Xingjian

Ecrivain, dramaturge,

metteur en scène et peintre français d'origine chinoise

- Prix Nobel de littérature en 2000

Paul Bérenger

Premier caucasien à diriger l'Ile Maurice. D'origine française


 
 
 

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