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PREVENIR LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX

A partir de cette description sommaire, quels types de préventions pourraient être mise en place ?

Nous rencontrons trois stades de prévention (primaire, secondaire et tertiaire) de la santé psychique au travail. Il s’agit d’une démarche identique à celle employée dans le cadre de toute maladie, qu’elle soit d’ordre physique ou psychique. Pour ce qui concerne les RPS, les interventions se situent principalement au niveau secondaire ou tertiaire dans les entreprises[2].

Prévention primaire

La prévention primaire des RPS est le plus couramment assimilée à une remise en cause de l’organisation de travail et des conditions d’emploi. Les pouvoirs publics tendent de plus en plus à amener les employeurs à contribuer à la prévention primaire de ces risques. A cet effet, une directive du Conseil Européen (89/391 du 12 juin 1989) indique que « l’employeur est tenu de mettre en place une véritable politique de santé au travail, se déclinant tant sur le plan physique que mental, à partir d’une recherche d’éradication ou à défaut de réduction, des risques à la source »[3].

Leduc S. et Valléry G. nous expliquent que les interventions de type primaire consistent « à adapter le travail à l'homme, en agissant sur les causes présentes (ou potentiellement présentes) dans l'organisation du travail et de l'entreprise, en les réduisant ou en les éliminant. »[4] Peuvent être étudiés les rythmes et horaires de travail, la définition des objectifs, les relations de travail… Tout l’enjeu étant de reconsidérer l’organisation du travail.

En effet, est-il possible de résoudre les risques psychosociaux, les dépressions dues au travail, voire même les suicides avec les numéros verts ? Ou la formation à la « gestion du stress ? Ou avec des psychothérapies ? Ces actions ont-elles des effets sur la cause majeure ?

Est-ce le salarié qui est malade ou ne serait-ce plutôt le travail lui même ?

Il est primordial d’agir sur l’organisation même du travail, qui doit être adapté à l’homme. Il en est de la responsabilité de ceux-là mêmes qui l’ont dégradé : ce les modes d’organisation du travail et la gestion des ressources humaines qui l’ont dégradé :

  • Réduction des effectifs,

  • Baisse de la masse salariale,

  • Individualisation des rémunérations

  • Évaluations,

  • Diminution, voire suppression des temps « improductifs », pourtant nécessaires à la collaboration,

  • Juste-à-temps,

  • Modes opératoires standardisés…

Ces modes d’organisation ont mené à une dégradation des collectifs de travail, impossibilité d’échanger avec ses collègues sur les façons de faire, les « genres » et les « styles », chacun se débrouille comme il peut parmi les « procédures » standardisées. Les conflits remplacent le dialogue… La personne peut même entrer en conflit avec elle-même du fait de ne pouvoir échanger, ou de ne pouvoir faire du « bon boulot », cela fini par avoir un coût important pour la santé psychique.

Hélas, cette problématique n’est pas à l’ordre du jour de bien des directions, tant elles sont soucieuses de la rentabilité à court terme, elles sont pour la plupart déconnectées de la réalité du travail, n’en ont aucune expérience concrète.

Prévention secondaire

Il s’agit d’une prévention corrective ayant pour but de restreindre les effets sur la santé des personnes qui présentent des symptômes d’un stress chronique. Les interventions proposées sont le plus souvent des programmes de gestion individuelle du stress afin d’améliorer leur mieux être psychologique. Nous parlons de méthodes de relaxation, ou d’un apprentissage à la détection de ses propres signaux personnels de tension ou à trouver des stratégies défensives lors de situations stressantes, voire à l’apprentissage de nouveaux comportements. Danielle Picard nous précise d’ailleurs que « des études soulignent que les actions destinées à supprimer ou à réduire les sources de mal être psychologique liées au contexte organisationnel sont fréquemment décidées quand des signes de souffrance deviennent manifestes et perturbateurs pour la vie des entreprises. C’est donc sous la pression des faits, que les remises en cause des conditions de travail tendent à avoir lieu »[5].

Ce niveau de prévention consiste à « adapter l'homme au travail »[6]  en lui donnant les moyens de faire face aux facteurs de RPS.

Les programmes de prévention secondaire ont fait l’objet de nombreuses publications, ceux-ci ont un effet social bénéfice permettant aux salariés de mettre leurs problèmes en paroles et de sortir de l’isolement. Ce sont les TCC (Thérapie Comportementale et Cognitive) qui sembleraient être le plus efficaces, suivies par la relaxation (moins chère et ne nécessitant pas l’intervention d’un professionnel).

Il est n’a pas été réalisé d’évaluation scientifique en France sur leur efficacité.

Il est important de noter que d’autres modalités d’intervention sont nécessaires, telles les préventions primaires, sur l’organisation et les conditions de travail. A savoir aussi qu’il manque des interventions sur les l’environnement du travail et les sources de stress.

Prévention tertiaire

A savoir si nous devons réellement parler ici de prévention, celle-ci étant essentiellement curative. Dans les années 50, certaines grandes entreprises américaines ont développé cette approche pour aider certains salariés à se libérer de l’addiction à l’alcool. Aujourd’hui, il existe une réelle tendance, du moins dans les pays développés, à aider les personnes ayant été exposés un stress post traumatique (attaque à main armée, suicide ou accident grave, etc.). Ces interventions consistent à prodiguer des soins immédiats sur les lieux où s’est produit l’événement traumatisant, ou à organiser des débriefings collectifs, voire même à offrir des consultations avec un psychologue ou un psychiatre... En résumé, il s’agit d’apporter un soutien aux employés.

Cette prévention tertiaire est « une forme de réadaptation de l'homme au travail »[7] consistant à réparer les conséquences de l’exposition à un risque.

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